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Apprentissage de la programmation grâce à des robots pédagogiques

Et si la meilleure façon d’apprendre à programmer était de faire le tour du monde à bord du voilier Initiatives-Cœur ? C’est le pari audacieux d’une classe à pédagogie adaptée au TDL (trouble développemental du langage, ou dysphasie) de Tournai en Belgique.

 

Le point de départ : un voilier, un robot, une carte du monde

Tout commence avec un planisphère au format A1, recouvert d’un calque. Sur ce fond de carte, les élèves — âgés de 9 à 12 ans, au profil cognitif dans la normalité malgré leurs difficultés langagières — doivent anticiper le parcours du Vendée Globe. Pas n’importe comment : en tenant compte des conditions météorologiques réelles. Éviter les anticyclones. Utiliser les alizés. Contourner le redoutable Pot au Noir. C’est de la géographie, de la météorologie et de la stratégie de navigation, le tout mobilisé dans un même geste d’apprentissage.

Une fois le tracé établi, l’enfant calcule les angles de rotation et les distances. Ces données mathématiques sont ensuite saisies dans l’application OzoBlockly (niveaux 3 et 4) : avancer de 90 mm, tourner de 40° vers la droite, sélectionner les blocs adéquats. Le programme est téléchargé vers le robot OZOBOT, customisé en voilier IMOCA aux couleurs d’Initiatives-Cœur, le voilier de la navigatrice Violette Dorange. L’enfant observe alors si la simulation correspond à ses attentes sur un plan vierge — et si ce n’est pas le cas, il recommence. C’est la démarche scientifique dans toute sa rigueur : hypothèse, test, observation, correction.

Certains points clés du parcours sont en outre signalés par des cartes Microbit programmables, qui ajoutent une couche supplémentaire de manipulation et de logique.

La préparation en amont

En amont, les enseignants ont mis en place un ensemble de mises en situation progressives, essentielles pour que les élèves s’approprient un vocabulaire et un univers qui leur sont initialement étrangers :

Une finalité concrète et motivante : un stage Optimist en juin

Ce qui ancre véritablement le projet dans le réel, c’est son horizon : un stage de voile en Optimist en fin d’année. Pour des élèves qui ont souvent besoin de sens pour s’engager, savoir que leurs apprentissages en classe mènent à une vraie expérience sur l’eau est un moteur puissant. Le robot n’est pas un but en soi — c’est un outil au service d’une aventure.

Ce que ce projet enseigne vraiment

Au fond, ce projet démontre une chose simple mais précieuse : le numérique n’est pas une discipline à part. Utilisé comme fil conducteur, le référentiel FMTTN crée des ponts naturels vers les mathématiques (angles, distances, unités), la géographie (routes maritimes, météorologie, localisation), les sciences (démarche expérimentale, hypothèse, vérification) et le français (lexique spécialisé, compréhension de documents). Pour des élèves en enseignement spécialisé, ces transferts ne sont pas spontanés — ils doivent être construits, étape par étape. Ce projet montre qu’avec le bon contexte et la bonne motivation, ils sont non seulement possibles, mais remarquables.