L’avitaillement de Violette Dorange : que mange-t-on à bord d’Initiatives-Cœur ?
L’avitaillement, c’est tout ce que le navigateur embarque sur son bateau : de la nourriture au matériel de réparation et de survie. Depuis le 1er janvier 2026, c’est Violette Dorange qui a pris la barre d’Initiatives-Cœur, succédant à Samantha Davies. Et qui dit nouvelle skippeuse dit nouvelle façon de remplir le bateau avant de larguer les amarres.
Quelle nourriture Violette Dorange emporte-t-elle sur son bateau de course ?
Le choix de l’avitaillement dépend toujours du skipper, de ses goûts et de son expérience en mer. Violette a forgé sa méthode sur son premier Vendée Globe, son tour du monde en solitaire bouclé en 2025 à seulement 23 ans — la plus jeune navigatrice à terminer l’épreuve.
Sa logique est différente de celle de Sam. Là où sa devancière faisait le choix du « tout lyophilisé ou presque », Violette fonctionne avec un duo quotidien :
- un plat lyophilisé (déshydraté), qui se réhydrate à l’eau chaude,
- et un plat appertisé, c’est-à-dire mis sous vide et stérilisé à la chaleur, ce qui détruit les germes et permet une conservation longue.
À cela s’ajoutent des snacks, des conserves de rillettes ou de sardines, du pain de longue conservation, des carrés de chocolat et des compotes. Le tout est organisé en un sac par jour, prêt à être attrapé sans réfléchir, quelle que soit la météo.
Pourquoi ces choix ?
Deux raisons principales guident un avitaillement de course.
Le poids et l’énergie. Les plats lyophilisés sont 5 à 6 fois plus légers que les plats préparés classiques. Sur un bateau de course, ce poids n’est pas neutre : le skipper déplace lui-même le matériel embarqué en fonction des allures. Alléger l’avitaillement, c’est préserver son énergie pour la navigation.
Les calories, calculées au plus juste. Les besoins caloriques de Violette ne sont jamais figés : ils varient fortement selon la zone de navigation, la température et l’intensité de l’effort. Au départ, près des côtes, l’avitaillement reste léger et frais — la première journée de course à environ 3 000 kcal, faite de repas simples à attraper entre deux manœuvres. Mais à mesure que la course progresse, l’équation change. Dans les zones froides — les mers du Sud sur un tour du monde, ou le cercle polaire sur la Vendée Arctique — le corps dépense énormément d’énergie rien que pour maintenir sa température : les rations sont alors nettement renforcées, plus caloriques et plus chaudes, pouvant grimper jusqu’à 4 000 à 5 000 kcal par jour. À l’inverse, dans les zones chaudes et les tropiques, la chaleur coupe l’appétit et le corps a moins besoin de se réchauffer : les menus sont allégés et adaptés. À cela s’ajoute le facteur effort — une succession de manœuvres, des changements de voiles ou une tempête font flamber la dépense. C’est pour cette raison que l’avitaillement d’un skipper n’est pas un menu uniforme : il se calcule sac par sac, calorie par calorie, zone par zone.Chez Violette, l’apport calorique était calculé sac par sac et adapté aux zones traversées : des rations ajustées dans les régions chaudes, et beaucoup plus de calories dans les mers du Sud, là où le froid fait grimper les besoins du corps. Un rationnement maîtrisé, qu’elle a su tenir tout au long de son tour du monde.
- Les Menus de Violette pour sa course vers l’Arctique
- exemple des Menus sur un Vendée Globe
L’envers du décor : quand la mer décide du menu
Violette n’a jamais enjolivé la réalité : ce type d’alimentation, aussi pratique soit-il, manque de fraîcheur et n’a rien de gastronomique. Les techniques de conservation sont indispensables en course au large, mais le résultat dans l’assiette reste rustique. Et quand la mer est formée et que le bateau tape dans les vagues, l’appétit n’est pas toujours au rendez-vous — d’où l’importance des petits plaisirs simples comme le chocolat ou les compotes, qui remontent le moral autant que les calories.
C’est aussi ça, la course au large : apprendre à se nourrir pour tenir, pas pour se régaler.
Deux vidéos pour comprendre
Les autres composants de l’avitaillement
[Télécharger l’image ] 
- Des vêtements adaptés aux différentes zones climatiques qu’elle va traverser. Pour voir les différentes tenues du skipper, cliquer ici.
- 2 dessalinisateurs pour pouvoir transformer l’eau de mer en eau potable. Pour voir le fonctionnement d’un dessalinisateur, cliquer ici.
- 1 bidon de survie : Violette a choisi un sac avec des bretelles pour l’avoir sur le dos en cas d’évacuation. Il contient entre autres : des rations de survie, des fusées et fumigènes, un transpondeur SART (pour être repéré plus facilement par les avions), une pharmacie d’urgence, une radio VHF étanche avec batterie très longue durée ainsi qu’une de rechange, le téléphone satellite de secours, un couteau, une lampe étanche, des sachets de fluorescine, une lampe individuelle stroboscopique étanche. Il est plombé en position : Violette n’a pas le droit de le changer de place. En revanche, il n’est pas plombé en fermeture : Violette peut y ajouter des équipements de sécurité si elle le souhaite.
- Le sac de survie (« grab-bag ») près du radeau de survie extérieur : il complète l’armement du radeau, qui serait un peu juste en cas d’avarie dans les coins les plus éloignés de la terre. Il contient de l’eau en sachet, des rations de survie et des fumigènes complémentaires à ceux du radeau. Il est plombé, c’est-à-dire que le skipper n’a pas le droit de le déplacer ailleurs.
Pourquoi emporte-t-elle des palmes ?
L’équipement de sécurité obligatoire comprend une combinaison de plongée, qui doit couvrir entièrement le corps : il faut donc y ajouter la cagoule et les gants. Et bien sûr le masque et les palmes. Pourquoi ? Violette doit pouvoir effectuer de petits travaux sous-marins si besoin : vérification de la carène ou de la quille, retrait d’un objet coincé dans les safrans, par exemple.
Pour respirer sous l’eau, Violette emporte également une mini bouteille de plongée avec détendeur intégré, qui permet de tenir une quinzaine de minutes à faible profondeur.

Prolongements pédagogiques
Les courses de voile sont une belle occasion pour parler équilibre alimentaire et comparer notre alimentation avec celle des marins et des astronautes. [ Voir les fiches pédagogique]
Exercices de mathématiques autour de la vie à bord : combien de kg de nourriture emporter ; combien de litres de peinture pour repeindre le bateau ; calcul de fuite d’eau… [Télécharger la fiche en cliquant ici]
Vous voulez suivre Violette en course ? Rendez-vous pour la Vendée Arctique, au départ des Sables-d’Olonne. Et n’oubliez pas : chaque mille parcouru soutient Mécénat Chirurgie Cardiaque. 1 clic = 1 cœur.






